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lundi 28 mai 2012

QUAND LE TRAIT VOYAGE

Graphique, dynamique et à la fois fluide, la ligne de Julien Tiberi vous fera voyager. Ce jeune artiste marseillais travaille les images en explorant la matière. Entre peinture et graphite, le sublime apparaît dans le paysage. La main de Tiberi dévoile une série de dessin au trait noir sur fond blanc. Telles des esquisses, la marge blanche met en exergue la beauté de la ligne, mouvante et seule dans l’espace. L’artiste navigue de décor en décor en offrant aux regards la splendeur de la nature dans son plus simple apparat. La solitude de l’environnement illumine le panorama.

Crédit photo © galerie chantiers Boîte Noire
En diapason à cette série dessinée se déploient des tableaux d’un noir profond. La puissance de la couleur octroie une prégnance particulière à la perspective des lieux représentés. Avec la technique du « grattage », l’artiste travaille la peinture sur une plaque d’isorel pour dévoiler les paysages qui peuplent son esprit. A travers une technique artistique ancienne, Julien Tiberi traite de sujets contemporains. La série El astro de la suela (L’astre de la semelle, 2011) manifeste de la réalité des quartiers qui bordent la frontière mexicaine à Tijuana. Telles des villes fantômes seulement habitées par des ombres, l’artiste tisse un véritable patchwork visuel d’une vie qui nous est si éloignée. Le grattage fin de la peinture laisse entrevoir les traits de construction du dessinateur. Manifestation de sa présence dans ses lieux désertiques, l’artiste met en place un système à plusieurs degrés où se croisent les références culturelles et cinématographiques.

Crédit photo © galerie chantiers Boîte Noire
L’espace de la galerie dévoile une œuvre in situ, où la géométrie rencontre l’énigme. La sphère et le triangle suscitent l’intérêt de l’artiste, toujours dans un rapport à l’évasion. Le cadre atypique de monstration donne à voir une exposition graphique et sensible, où l’exploration de la matière rencontre celle de l’histoire de la représentation.

Crédit photo © galerie chantiers Boîte Noire

Crédit photo © galerie chantiers Boîte Noire

Julien Tiberi, El astro de la suela
Du 28 avril au 7 juillet 2012
à la galerie chantiers Boite Noire
1 rue carbonnerie
par C²

vendredi 23 mars 2012

LA PRUDENCE NE SUFFIRA PAS

Le Petit Chaperon rouge a bien grandi ! Pour sa cinquième exposition personnelle à la galerie Trintignan, Patrick Loste trace deux trames narratives.

 Crédit photo © Charline Corubolo
Une première sélection manifeste de sa passion pour les chevaux, et le lien intense qu’il entretient avec la nature. L’artiste explore les frontières entre l’humain et le bestiaire. Dans l’abondance de la matière, les cavaliers apparaissent comme sur les murs d’une grotte. De grandes toiles, dressées au cœur de la galerie, deviennent l’espace de profusion de la peinture. Le blanc et le noir esquissent des silhouettes agiles, rehaussées par des touches chaudes et/ou froides. Patrick Loste se livre.

Crédit photo © Charline Corubolo

Toujours en lien avec l’animal, l’artiste dépeint un univers où loup et femme s’affrontent. Dans la continuité de l’exposition réalisée au printemps dernier au musée de Céret, cette série s’attaque au conte Le petit Chaperon Rouge. Mais le loup, affamé, se trouve face à une femme et non plus une fillette. Dans sa peau d’un rouge passion, ses formes charnelles suscitent le désir. Mais elle n’est pas là pour se donner au loup. Cette femme fatale compte bien faire danser le loup et tirer sa révérence. L’artiste aborde les rapports, parfois compliqués, entre l’homme et la femme.

Patrick Loste aime travailler directement au sol ou sur les murs. Il compose avec les aléas de la peinture et « laisse la matière faire son parcours ». Ainsi, ses toiles oscillent entre figuration et abstraction. Cette exposition est l’occasion de redécouvrir le thème cher à l’artiste du cavalier, mais aussi cette sublime série sur le loup et la femme, qui brouille les pistes d’une histoire classique. Un mot de l’artiste, il s’agit d’une exposition « charnelle ». Mais surtout d’une exposition séduisante.


Crédit photo © Charline Corubolo
Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo


Crédit photo © Charline Corubolo




Patrick Loste, Coger un rato
Du 21 mars au 21 avril 2012
Galerie Hélène Trintignan
21 rue Saint-Guilhem
34000 Montpellier


par C²

mercredi 29 février 2012

UNE PERCEPTION ANIMALE

Dame nature est la mère bien féconde de Travis Parr. Jeune artiste américain venant du Colorado, son art se distille le long d’un trait graphique affirmé. Explorant les limites de la science en peinture, Parr offre un univers dominé par l’animal. Cette vision étonnante du monde s’illustre à travers une palette chromatique sombre. Le bleu installe un climat de plénitude, tout en octroyant un caractère inquiétant à l’animal. Un étrange paradoxe, qui sert le discours de l’artiste voyant: «l’Art comme une source d’idéaux et de visions pour l’humanité».
Travis Parr, Mountain Goat, 2010,
giclée sur toile, 97,5 x 67,5 cm

Alors que les toiles antérieures à 2007 présentent des décors peuplés d’humains, bariolés de couleurs vives, les œuvres passées 2008 placent l’Animal en sujet principal. Seule composante récurrente: le regard ironique de Parr sur l’esprit humain et son environnement.
Travis Parr, Deep Breakfast, 2006,
acrylique sur toile, 76 x 101 cm
Dans la toile Deep Breakfast, le jeune peintre met en place une scène grotesque de petit déjeuner en pleine montagne où l’homme apparaît ridicule. L'humain, terne et vidé de toute expression, laisse place à la nature et de l’animal, qui occupent alors la place principale. Placé en arrière plan, le lapin aux cornes s’impose comme le sujet de malice de l’œuvre. Bien que l’exposition dans la galerie Spacejunk présente quelques une des ces toiles délirantes, l’accent est mis sur des réalisations plus récentes.
Travis Parr, Grey Crow, 2009,
acrylique sur toile, 59,5 x 49,5 cm
Travis Parr, Turtle, 2010,
giclée sur toile, 99 x 67,5 cm
Travis Parr, Elk, 2010,
giclée sur toile, 98 x 67 cm

L’artiste met en place un univers plus ténébreux, où les animaux sont maitres. Telle une série de portrait où corbeau, chèvre et tortue s’élèvent  avec férocité sur un fond à l'atmosphère pesante. Le monde fantastique de Parr est audacieux et puissant. Un monde peint à l’acrylique, sans esquisses préparatoires en majorité. Les pièces présentées sont des peintures originales et des reproductions sur toile. Ce qui n’enlève rien à la valeur artistique du peintre, contrairement à ce que pensent certains visiteurs. L’art est de question démarche et d’univers plastique, et non d’unicité!

Travis Parr, Can we fix this?

L’exposition «The landscapes of perception» est sa première exposition solo en Europe. L’occasion de découvrir le royaume fantasque et contrasté de Travis Parr à Spacejunk jusqu’au 17 mars.



Travis Parr, The Landscapes of perception
Du 2 février au 17 mars 2012
16 rue des capucins
69001 Lyon

par C²

mardi 15 novembre 2011

LE REGARD FOUDROYANT DE RICHARD VESSAUD

Une obsession peut effrayer. Mais elle peut aussi transcender. Celle de Richard Vessaud a pris possession de son esprit et de son art. Dès son plus jeune âge, il s’essai à la peinture et expose pour la première fois à l’âge de 14 ans. Mais le monde de l’art lui apparaît comme un vaste marché de consommation. Une idée qu’il rejette avec violence. C’est en lisant Antonin Artaud que l’obsession picturale de l’artiste, lié à ce rejet, va naître.


Richard Vessaud (né en 1991), je suis hystérique, 2011, acrylique sur toile, 106 x 200 cm

De manière compulsive et répétitive, Richard Vessaud dépeint des figures déshumanisées comme critique de cette banalisation de l’art. La déformation devient un motif récurrent à partir de 2008. L’artiste ne conçoit la finalité d’une toile qu’au terme d’un long, voir pénible, travail.


Richard Vessaud (né en 1991), sans titre, 2011,
technique mixte sur papier, 50 x 32,5 cm
Richard Vessaud (né en 1991), Self Automatic Portrait I,
2011, encre de chine, 120 x 80 cm





















La gamme chromatique est simple mais efficace. Chaque portrait se fait l’illustration de son obsession pour des corps souffrants. Face à une toile où plusieurs individus fantomatiques nous dévisagent, ou face à un portrait sévèrement marqué, l’effet est le même. Les visages nous frappent par leur force picturale et l’essence des personnages semble nous pénétrer. Dès le premier regard, on est happé par le caractère charnel des œuvres.

Vue de l'exposition. Crédit photo © galerie Henri Chartier 
L’exposition 2011 de l’artiste est un véritable parcours « crescendo ». Plus les images se découvrent, plus le malaise se fait sentir et plus l’attraction est forte. Le trait même du peintre exprime l’obsession. Acrylique, encre de chine ou encre aérosol, la matière est profondément noire et puissante. Les personnages de Vessaud sont effrayants mais on ne peut s’empêcher de les regarder. Et de les écouter. Car ils ont un message à transmettre. Un message terrible: l’obsession est toujours triomphante et l’art mérite d’être unique.


Vue de l'exposition. Crédit photo © galerie Henri Chartier

Vue de l'exposition. Crédit photo © galerie Henri Chartier


Richard Vessaud 2011
Exposition du 22 octobre au 26 novembre 2011
Galerie Henri Chartier 35 rue René Leynaud, 69001 Lyon
Tél. 00 33 (0)4 72 02 58
par C²

vendredi 4 novembre 2011

QUAND LES STEIN S'IMPOSENT...

L'art de demain se construit aujourd'hui, et aujourd'hui s'était hier. Ainsi, "sans la présence des Stein à Paris, la vie artistique des années 1900-1910 n’eût pas été la même", et par conséquent celle des années suivantes non plus. L’exposition Matisse, Cézanne, Picasso... L’aventure des Stein voyage depuis les Etats-Unis jusqu’à Paris en 2011 comme l’a fait la famille Stein un siècle plus tôt. 


Pablo Picasso, né en 1881 et mort en 1973, Nu à la serviette, 1907
Collection particulière
© Succession Picasso 2011

L’histoire est amorcée en 1902, lorsque Leo Stein vient s’installer à Paris pour assouvrir sa soif de peinture. Il est vite suivit par son frère ainé Michael et sa sœur Gertrude. Cette fraterie va secouer le Tout-Paris artistique. Au 58 rue Madame, Sarah, l’épouse de Michael, se donne avec passion à la peinture de Matisse, tandis que Gertrude amassera de nombreuses toiles dont l’auteur n’est autre que Picasso. L’appartement-atelier du 27 rue de Fleurus devient un point crucial de la vie culturelle de l’époque


L’histoire du Portrait de Gertrude Stein (1905-1906) témoigne de l’influence que ce nom a eu sur le marché artistique mais aussi sur les artistes eux-même. Laurence Madeleine, éditrice de la correspondance Stein/Picasso chez Gallimard, explique l’importance de cette toile, et l’impact considérable sur l’œuvre du peintre. Alors qu’il n’arrivait pas à dessiner la tête de Gertrude, il finit par réaliser le visage de "mémoire, ce masque qui est comme une idée de Gertrude Stein, plutôt que son image.". Elle poursuit en exposant qu’il s’agit du "début de la hiérarchisation, de la géométrisation et de l’abstraction qui conduit au cubisme."


Pablo Picasso, né en 1881 et mort en 1973,
Portrait de Gertrude Stein
, 1905-1906
Les Stein ne sont pas à l’origine du succès de Matisse ou encore de Picasso, comme aimée se glorifier Gertrude. Cependant, l’historien de l’art Marc Dachy reconnait aisément les atouts d’écrivain de cette dernière qui a incontestablement favorisé le développement de l’avant-garde française aux Etats-Unis. Et le rôle primaire de cette famille en France qui se sont construits en véritable pilier de l’art moderne


Cette rétrospective permet de découvrir avec splendeur cette collection qui a construit les bases de l’art du XXe siècles à Paris. Car "c’est à grâce à Gertrude et ses frères que Paris a été l’endroit où était le vingtième siècle" et former les fondations celle du début du XXIe siècle. Le Grand Palais à Paris dévoie tous les mystères de cette excentrique histoire depuis le 5 octobre jusqu’au 16 janvier.


MATISSE, CEZANNE, PICASSO... L'AVENTURE DES STEIN
Exposition du 5 octobre 2011 au 16 janvier 2012
Galeries nationales du Grand Palais
3, avenue du général-Einsenhpwer
75008 Paris
par C²

samedi 29 octobre 2011

CHEZ DATTA, VAS-Y !

Vas-y à Vas-y! Cette exposition énoncée comme une invitation donne à voir plus qu'à expliquer. Suite à une résidence de deux mois, TOMA, peintre, et THEO, écrivain, offrent un ensemble d'oeuvres où l'intériorité de l'être se manifeste sous des traits puissants et colorés. Dans un échange perpétuel entre les deux artistes, le binôme a construit un univers plastique libéré de toutes contraintes. Les écrits de THEO sont purs projections imaginaires. Ces textes sont complémentaires des "gueules cassées" de TOMA.


© crédit photo Le Mauvais Coton

Vibrants, lumineux, les dessins sont affranchis comme si les sentiments les plus profonds du peintre s'étaient échappés. Loin de toute noirceur, les oeuvres vivent indépendantes et interagissent entre elles. L'exposition Vas-y est là pour montrer et surtout faire sentir les tensions et les émotions humaines à chaque regard.


© crédit photo Le Mauvais Coton

© crédit photo Le Mauvais Coton

© crédit photo Le Mauvais Coton

© crédit photo Le Mauvais Coton


"QUI SAVAIT AU DÉBUT, QU’IL Y AURAIT UNE FIN?
Nous le savons. Et c’est même tout ce que nous savons. La fin est le seul carcan que nous nous imposons, le seul cadre créatif. Car ce qui a été déclenché doit être fini. Durant soixante jours, nous allons nous dissoudre dans les peintures de Toma-l, à l’instinct, à l’envie. Jours et nuits à ouvrir des brèches, à se perdre sur les trames, à se répandre sur le Moleskine. Nous, hommes
 et femmes d’images et de lettres, sensibles et engagés dans un art qui l’est autant. J’ai hâte de savoir si ma plume est soluble dans la peinture… Octets, films argentiques, pixels, encres, rires et sueurs seront également disposés sur la table de notre festin nu. Un rendez-vous aux portes entrouvertes, dans les ombres et la lumière d’un port méditerranéen. Quelles couleurs, quelles matières seront dessinées? Aucune demi-teinte mais un livre. Un ouvrage, seul et unique témoin de notre expérience à plusieurs mains. "En route pour la Joie". 
Théophile Pillault "


© crédit photo Le Mauvais Coton

Exposition VAS-Y chez DATTA
Du 14 octobre au 30 novembre 2011
10 rue Griffon, 69001 Lyon
04.82.33.68.62, http://www.datta.fr
Lundi de 13h à 20h, et du mardi au samedi de 11h à 20h
par C²

jeudi 29 septembre 2011

CLAUDE VIALLAT, ENTRE PEINTURES ET OBJETS

En résonance à la Biennale de Lyon, la galerie Bernard Ceysson ouvre ses portes à l'artiste Claude Viallat. Le vernissage de l'exposition Peinture et Objets aura lieu ce jeudi 29 septembre au 8 rue des creuses, à Saint-Etienne.
Claude Viallat (né en 1936), Toile, 
Vue de l'exposition.
La galerie Bernard Ceysson fait une proposition volontairement tautologique du travail de Claude Viallat. Artiste fondateur du mouvement Supports/Surfaces, il développe à partir de 1966 un motif géométrique semi-naturel dont la répétition sur une toile sans châssis devient l'essence même de son art. Système de all-over, cette forme envahie la surface de manière ordonnée mais désorienté


Le galeriste Bernard Ceysson conçoit cette exposition comme un perpétuelle recommencement des ces fragments unicellulaires"Oublions leurs qualités décoratives, posons-nous seulement une question à leur propos: la réponse à cette question sera, nécessairement, une autre question. Alors, tout recommencera."

Claude Viallat (né en 1936),Objet, Vue de l'exposition

Claude Viallat (né en 1936), Objet, Vue de l'exposition

Claude Viallat, PEINTURES ET OBJETS
Du 29 septembre 2011 au 7 janvier 2012
8, rue des Creuses
42000 Saint-Etienne
par C²