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jeudi 11 octobre 2012

UNE EXPOSITION A EXPERIMENTE






Interstice est une brèche sensorielle. Carbone 14, association Montpelliéraine œuvrant pour l’art contemporain, propose à partir du 26 octobre une exposition collective à la galerie Saint-Ravy. Cette manifestation plonge le visiteur en pleine interactivité. Avec le soutien de la Mairie de Montpellier et du Fonds Régional d’Art Contemporain du Languedoc-Roussillon, ce projet étudiant offre au public une aventure unique à travers des œuvres participatives.





Le corps du spectateur se trouve au coeur de l'oeuvre. Les pièces présentées emploient l’espace de la galerie Saint-Ravy comme un nouvel espace à découvrir. Ainsi, le fauteuil Squeeze Chair de Wendy Jacob invite le visiteur à s’assoir. Une fois installé, ce dernier se retrouve coincé dans l’œuvre, pris au piège dans ses bras gonflables. Tandis que Rolf Julius, avec Music for the eyes, sollicite l’ouïe du public. Allongé sur un carré de moquette, écouteurs sur les yeux, la personne est amenée à expérimenter la musique dans des conditions nouvelles. Ces deux pièces sont issues de la collection du Fonds Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon.


Wendy Jacob, Squeeze Chair, 1997, installation

Rolf Julius, Music for the eyes, 1982, installation


Dans une volonté de développer et soutenir l’art contemporain en Languedoc-Roussillon, le projet fait appel à de jeunes artistes de la région. Nicolas Daubanes, artiste plasticien et professeur à l'école des Beaux-Arts de Perpignan, occupe le deuxième espace de la galerie. Plongé dans le noir, immergé dans le son, le spectateur est amené à vivre la vidéo-performance de l'artiste intitulée Jusqu'ici tout va bien. Tandis que Maxime Boutin, Julien Borrel et Edouard Lecuyer, étudiants aux Beaux-Arts de Montpellier, proposent une œuvre spécialement conçue pour l’événement. Cette pièce collective, nommée Untitled, joue sur les codes linguistiques et informatiques, afin d’explorer la communication entre les gens.



Nicolas Daubanes, Jusqu'ici tout va bien, 2012, vidéo-performance


En parallèle à l’exposition, plusieurs actions sont menées pour éclairer le projet et sensibiliser le public à l’art contemporain. Ainsi, une présentation du projet aura lieu le jeudi 11 octobre à 14h30 dans la salle Camproux, avec le soutien du Service Commun d’Actions Culturelles de l’Université Paul Valéry, Montpellier III. Le mardi 6 novembre, une table ronde se tiendra en présence Mme Hélène Trespeuch, Maître de Conférence en Histoire de l’Art Contemporain à l’Université Montpellier 3, Patrick Perry, professeur à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier, différents intervenants issus de ces deux établissements, ainsi que les artistes. Un dialogue sera construit autour de la question du rapport du spectateur aux œuvres le plaçant face à son intériorité. Des ateliers pour les enfants seront également mis en place, les mercredis et samedi, de 14h à 16h30 durant toute l'exposition. Par ailleurs, le public pourra bénéficier de visites commentées.



Le projet compte également des partenaires privés. La Casita del Barrio s’occupera du buffet lors du vernissage, en date du vendredi 26 octobre à partir de 18h30. Tandis que le Domaine Bois de Rose fournira les rafraichissements.


Le public est convié à s’interroger sur son quotidien et son environnement. Avec des œuvres qui jouent entre attraction et rejet, Interstice propose une déconnexion et la possibilité à chacun d'intégrer son corps dans la création contemporaine.

Dossier de presse.



Carbone 14 présente



Interstice - Exposition collective
Galerie Saint-Ravy
Du 26 octobre au 11 novembre 2012
Vernissage le vendredi 26 octobre 2012,
à partir de 18h30

par C²

vendredi 23 mars 2012

LA PRUDENCE NE SUFFIRA PAS

Le Petit Chaperon rouge a bien grandi ! Pour sa cinquième exposition personnelle à la galerie Trintignan, Patrick Loste trace deux trames narratives.

 Crédit photo © Charline Corubolo
Une première sélection manifeste de sa passion pour les chevaux, et le lien intense qu’il entretient avec la nature. L’artiste explore les frontières entre l’humain et le bestiaire. Dans l’abondance de la matière, les cavaliers apparaissent comme sur les murs d’une grotte. De grandes toiles, dressées au cœur de la galerie, deviennent l’espace de profusion de la peinture. Le blanc et le noir esquissent des silhouettes agiles, rehaussées par des touches chaudes et/ou froides. Patrick Loste se livre.

Crédit photo © Charline Corubolo

Toujours en lien avec l’animal, l’artiste dépeint un univers où loup et femme s’affrontent. Dans la continuité de l’exposition réalisée au printemps dernier au musée de Céret, cette série s’attaque au conte Le petit Chaperon Rouge. Mais le loup, affamé, se trouve face à une femme et non plus une fillette. Dans sa peau d’un rouge passion, ses formes charnelles suscitent le désir. Mais elle n’est pas là pour se donner au loup. Cette femme fatale compte bien faire danser le loup et tirer sa révérence. L’artiste aborde les rapports, parfois compliqués, entre l’homme et la femme.

Patrick Loste aime travailler directement au sol ou sur les murs. Il compose avec les aléas de la peinture et « laisse la matière faire son parcours ». Ainsi, ses toiles oscillent entre figuration et abstraction. Cette exposition est l’occasion de redécouvrir le thème cher à l’artiste du cavalier, mais aussi cette sublime série sur le loup et la femme, qui brouille les pistes d’une histoire classique. Un mot de l’artiste, il s’agit d’une exposition « charnelle ». Mais surtout d’une exposition séduisante.


Crédit photo © Charline Corubolo
Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo

Crédit photo © Charline Corubolo


Crédit photo © Charline Corubolo




Patrick Loste, Coger un rato
Du 21 mars au 21 avril 2012
Galerie Hélène Trintignan
21 rue Saint-Guilhem
34000 Montpellier


par C²

lundi 23 janvier 2012

TOUT BOUGE !

Une sculpture est-elle jamais finie? Bernard Pagès, sculpteur proche du mouvement support/surface, tente de répondre à cette interrogation. Point de départ de l’exposition Tout au bout, la sculpture du même nom apporte un regard amusé sur le sujet. Perchées dans les aires, les lettres d’acier semblent inaccessibles et laissent à croire que le travail continue de « pousser ». Au-delà du questionnement de l’artiste, l’ensemble des sculptures offre un véritable spectacle mouvant. Les tiges d’acier ondulent avec légèreté dans l’enceinte de la cathédrale Saint Anne. A l’entrée, Les Fléaux torsadés virevoltent dans une lumière de phare. Tandis que la sculpture Torse II de plus de cinq mètres de long semble sortir du sol et ramper doucement vers les autres éléments.





Ces lentes ondulations plongent l’ensemble du lieu dans un univers végétal. Les sculptures se transforment en plantes grimpantes, puis en algues portées par le mouvement de la mer. L’atmosphère vacille entre vision bucolique et plongée sous-marine. Les bidons rongés par le sel marin répondent à l’acier oxydé sur Les Fléaux. Les lignes sinueuses apparaissent comme les cordes d’un voilier en pleine mer. Cette ambiance changeante est provoquée par l’assemblage fantaisiste, mais juste, des divers éléments. Ainsi, le métal devient le prolongement d’un morceau de bois, le béton s’élève avec l’acier et la céramique adoucit la pierre.


Bernard Pagès, La Torse I, 2005, tube carré, torsadé et peint, bois d’amandier calciné, 210 x 620 x 410 cm
et La Torse II, 2006, bois de pin calciné, tube carré, torsadé et peint, 275 x 570 x 350 cm.


Toute en expansion, les sculptures Les Fléaux et Les Pierres Roses viennent casser la symétrie de la cathédrale. Bien que la pièce Tout au bout tende à s’élever, l’ensemble des pièces jouent sur l’horizontalité et offrent un parcours sillonné. Les chemins sont multiples. L’exposition se transforme en excursion: il faut contourner les éléments, les approcher, passer dessous.

Nichée au centre de la chapelle, la sculpture Le Grand Surgeon III émerveille par la finesse de ses lignes. Elle s’élance doucement vers le haut, pour finalement se tordre. L’acier rouillé laisse place à un rouge délicat. Comme un point final à l’exposition, cette pièce suscite l’imagination.


Bernard Pagès, Les fléaux,1994, ensemble de sept sculptures, 
béton coloré et taillé, acier oxydé, bois de châtaignier,
285 x 1800 x 310 cm

La rigidité des matériaux s’efface au profit d’une impression de mouvement. La variété des éléments assemblés plonge l’exposition dans un univers de plantes folles et de voyage marin. Le Carré Saint Anne ondulera ainsi jusqu’au 25 mars.


Bernard Pagès, Tout au bout
Du 13 janvier au 25 mars 2012
2 rue Philippy
34000 Montpellier
04 67 60 82 11
par C²

mardi 10 janvier 2012

DANS LES FILETS DE ERIC HATTAN

Un canapé perché au plafond, rien de plus normal! Bousculer l'ordre des choses dans le but de trouver un nouveau sens à ces choses fait parti du travail de Eric Hattan. Originaire de suisse, cet artiste aime manipuler les éléments qui l'entourent. Inscrite dans une volonté de déplacement plastique et sémantique, sa démarche artistique est souvent une réponse à une invitation. 

Crédit photo © La BF15

Crédit photo © La BF15


Suite à celle de la BF15, l’artiste en résidence dans le lieu durant quelques jours a dépouillé les différents espaces. Les parties privées, tels que l’étage ou le cagibis, ont subi le passage de l’artiste. Vidées de leurs éléments, ces pièces semblent animées d’une histoire forte. Chaises, tasses, archives sont réinvestis dans la galerie. Véritable travail de transformation verticale, l’artiste balade notre regard dans tous les sens. La composition devient témoin de la vie de la galerie. Habituellement cachés de la vision du visiteur, ces objets deviennent matériau d’intervention et trouvent un nouveau sens. Sorte d’archéologie contemporaine, l’artiste nous plonge au cœur d’une interrogation cruciale: à quoi servent ces objets ainsi disposés et quel est le sens un tel acte? En observant l'espace vidé, on croirait apercevoir la place habituelle des différentes outils du quotidien. Cependant, ces objets arrachés à leur emplacement d'origine ne semblent pas manquer à une quelconque utilisation. Nous nous mettons à scruter coins et recoins de la composition folle qui bouche chaque trouée. Les éléments semblent défier l’apesanteur. L’artiste  nous amène à voir ces constituants comme de nouvelles formes, et nous conduit à une réflexion sur la société de consommation. Cet amas impressionnant, voir oppressant, pèse sur l’individu égaré dans le vide de l’espace

Crédit photo © La BF15
Crédit photo © La BF15


Notre œil est décentré, perturbé et nous nous éveillons progressivement aux choses qui constituent notre quotidien. De ce geste simple, mais fort, il ne reste plus que des vidéos à l’issue des expositions. Au cœur de la galerie, trois vidéos mettent en avant la conception artistique de Eric Hattan: l’art comme simple acte de présence.

Crédit photo © La BF15

Crédit photo © La BF15
L'artiste opère un renversement de l’espace privé dans l’espace public pour aboutir à une nouvelle vision de l’environnement. Il n’utilise pas d’éléments extérieurs, seuls les objets de la galerie sont réinvestis. Cette exposition permet de jouer sur la dualité entre vie privée et vie publique, entre consommation exagérée et dessein esthétique des objets.


Eric Hattan, Les poissons, selon l'arrivage du jour
Du 25 novembre 2011 au 21 janvier 2012


La BF15, Espace d'art contemporain
11 quai de la Pêcherie
69001 Lyon
+33(0) 478 286 663

par C²

vendredi 4 novembre 2011

QUAND LES STEIN S'IMPOSENT...

L'art de demain se construit aujourd'hui, et aujourd'hui s'était hier. Ainsi, "sans la présence des Stein à Paris, la vie artistique des années 1900-1910 n’eût pas été la même", et par conséquent celle des années suivantes non plus. L’exposition Matisse, Cézanne, Picasso... L’aventure des Stein voyage depuis les Etats-Unis jusqu’à Paris en 2011 comme l’a fait la famille Stein un siècle plus tôt. 


Pablo Picasso, né en 1881 et mort en 1973, Nu à la serviette, 1907
Collection particulière
© Succession Picasso 2011

L’histoire est amorcée en 1902, lorsque Leo Stein vient s’installer à Paris pour assouvrir sa soif de peinture. Il est vite suivit par son frère ainé Michael et sa sœur Gertrude. Cette fraterie va secouer le Tout-Paris artistique. Au 58 rue Madame, Sarah, l’épouse de Michael, se donne avec passion à la peinture de Matisse, tandis que Gertrude amassera de nombreuses toiles dont l’auteur n’est autre que Picasso. L’appartement-atelier du 27 rue de Fleurus devient un point crucial de la vie culturelle de l’époque


L’histoire du Portrait de Gertrude Stein (1905-1906) témoigne de l’influence que ce nom a eu sur le marché artistique mais aussi sur les artistes eux-même. Laurence Madeleine, éditrice de la correspondance Stein/Picasso chez Gallimard, explique l’importance de cette toile, et l’impact considérable sur l’œuvre du peintre. Alors qu’il n’arrivait pas à dessiner la tête de Gertrude, il finit par réaliser le visage de "mémoire, ce masque qui est comme une idée de Gertrude Stein, plutôt que son image.". Elle poursuit en exposant qu’il s’agit du "début de la hiérarchisation, de la géométrisation et de l’abstraction qui conduit au cubisme."


Pablo Picasso, né en 1881 et mort en 1973,
Portrait de Gertrude Stein
, 1905-1906
Les Stein ne sont pas à l’origine du succès de Matisse ou encore de Picasso, comme aimée se glorifier Gertrude. Cependant, l’historien de l’art Marc Dachy reconnait aisément les atouts d’écrivain de cette dernière qui a incontestablement favorisé le développement de l’avant-garde française aux Etats-Unis. Et le rôle primaire de cette famille en France qui se sont construits en véritable pilier de l’art moderne


Cette rétrospective permet de découvrir avec splendeur cette collection qui a construit les bases de l’art du XXe siècles à Paris. Car "c’est à grâce à Gertrude et ses frères que Paris a été l’endroit où était le vingtième siècle" et former les fondations celle du début du XXIe siècle. Le Grand Palais à Paris dévoie tous les mystères de cette excentrique histoire depuis le 5 octobre jusqu’au 16 janvier.


MATISSE, CEZANNE, PICASSO... L'AVENTURE DES STEIN
Exposition du 5 octobre 2011 au 16 janvier 2012
Galeries nationales du Grand Palais
3, avenue du général-Einsenhpwer
75008 Paris
par C²

jeudi 3 novembre 2011

L'EXTENSION PARANORMALE D'IN EXTENSO

L’art peut-il nous tromper? C’est l’expérience que propose l’exposition "Phénomènes". La galerie Néon accueille le groupe In extenso dans son espace. Les cinq artistes convoqués par le groupe sont invités à transporter la réalité du lieu dans l’illusion.  Véritable piège à perception, les œuvres ne peuvent être extraites de tout contexte. Elles s’imbriquent à des situations, des lieux ou encore des cultures propres à chaque artiste. Avec différents médias: installation, vidéo, bande sonore, photographie ou encore transformation murale; les artistes convoquent le surnaturel. Les effets de glissements et d’interférences entre/ou dans les œuvres créent une certaine magie. Mais cette dernière est vite désamorcée par le côté ludique des mises en scène. 


Ulla von Brandenburg, née en 1974, Ein Zaubertrickfilm, vidéo, 2002
(image extraite du film) © Ulla von Brandenburg, 2002
Chrisitan Andersson, né en 1973, Soft Drink Stand, installation, 2011
vue d'exposition Galerie Nordenhake, Berlin 2006
© Galerie Nordenhake/Gerhard Kassner, Berl
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Ce simulacre de l’occulte conduit à une forme de déception face au paranormal. Le billet aller-retour qu’il nous est proposé, est bien dans le sens Illusion-Réalité. Le mode de pensée des artistes est facilement démontable. Mais ce désenchantement, de la perceptive dévoilée ou de l’anomalie débusquée, fait parti du processus. En proposant une représentation alternative de la réalité, les artistes poussent chacun de nous à prospecter sur nos propres croyances.

Pierre Labat, né en 1976, Dum Dum, installation, 2008
vue d'exposition MySpace - Galerie de l'Ecole Régionale des Beaux Arts - Rennes
© Galerie Acdc et l'artiste, 2008
Geert Goiris, né en 1971, Suspension, photographie couleur, 2006
© Geert Goiris, 2006


L’aspect illusoire de l’exposition demeure séduisant. Les détournements visuels et sonores bousculent notre schème de pensée. La normalité n’est plus une norme, le paranormal devient un phénomène réel. Depuis Picasso, l’art ne vit que dans l’illusion du vrai. Ainsi Néon nous sert un «art surnaturaliste» où l’illusion mêle jeu, spiritisme et détournement.


Pierre-Laurent Cassière, né en 1980, Pulse, installation et dispositif sonore, 2010
(détail), vue d'exposition In extenso, Clermont-Ferrand, 2010
© In extenso


Artiste > Christian Andersson / Ulla von Brandenburg 
Pierre-Laurent Cassière / Geert Goiris / Pierre Labat
Commissaire > In extenso >> Marc Geneix & Sébastien Maloberti


Vernissage jeudi 3 novembre à partir de 18h.
Dossier de presse.


Exposition "Phénomènes"
Du 4 novembre au 17 décembre
Nuit résonance le 24 novembre, de 18h à 23h
41 rue Burdeau, 69001 Lyon
par C²